La petite île d'Okinawa fait partie d'un groupe d'îles comprenant le Japon moderne. Au début l'art martial du karaté était connu sous le nom de Te ou de "la main". Il n'y a pas de documents disponibles qui authentifient la date de l'apparition du karaté, mais il est généralement accepté que celui-ci soit arrivé à Okinawa très tôt. Le karaté était pratiqué en secret à Okinawa car selon un décret du gouvernement national au début des années 1600, la possession de n'importe quel type d'armes étaient interdite au peuple.
Le Te continua de se développer au cours des ans principalement dans trois villes d'Okinawa, soient: Shuri, Naha et Tomari. Chacune de ces villes était un centre pour une frange différente de la société soient respectivement les rois et la noblesse, les marchants et homme d'affaires et finalement les fermiers et les pêcheurs. C'est pour cette raison que plusieurs formes d'autodéfense se sont développées et se sont associées avec chaque ville, portant respectivement les noms Shuri-te, Naha-te et Tomari-te. Ensembles, ces disciplines portèrent le nom d'Okinawa-Te ou Tode, "La main chinoise".
Le caractère chinois qui est utilisé pour le mot Tode peut aussi se prononcer "kara" et le mot Te fut remplacé par karaté-jutsu ou "Art chinois de la main". Ceci a été changé plus au karaté-do par Gichin Funakoshi qui a adopté une signification alternative au caractère chinois de kara, soit "vide". A partir de ce moment, le terme karaté est venu qu'à signifier "main vide". Le Do dans karaté-do signifie "la voie" ou "le chemin" et renforce les éléments moraux et spirituaux de la discipline et de la philosophie du karaté.
Aujourd'hui il y a cinq styles de karaté au Japon, soient: Goju-Ryu, Shito-Ryu, Shotokan, Wado-Ryu et Chito-Ryu.
Goju-Ryu développé à partir du Naha-te, sa popularité est principalement due au succès de Kanryo Higashionna (1853-1915). Higashionna ouvrit un dojo à Naha en utilisant huit formes apportées de la Chine. Son meilleur élève fut Chyojun Miyagi (1888-1953) qui a fondé le Goju-ryu, "manière dure-douce" en 1930. Dans le Goju-ryu, l'emphase est mise sur la combinaison de techniques de blocage douces avec de fortes contres-attaques livrées en succession rapide.
Shito-Ryu fondée par Kenwa Mabuni (1889-1952) en 1928, celui-ci a été directement influencé autant par le Naha-te que le Shuri-te. Le nom Shito est une contraction dérivée du caractère japonais formé de la combinaison des noms des maîtres de Mabuni, soient Itosu Ankoh et Kanryo Higashionna. Les écoles de Shito-ryu utilisent un nombre élevé de kata (environ soixante) et le style met l'emphase sur la puissance dans l'exécution des techniques.
Shotokan a été fondé par Gichin Funakoshi (1896-1957) à Tokyo en 1938. Funakoshi est considéré comme étant le fondateur du karaté moderne. Né à Okinawa, il commença à étudier le karaté avec Yasutsune Azato, un des plus grands experts en cet art d'Okinawa. En 1921, Funakoshi introduit le karaté à Tokyo. En 1936, lorsque presque âgé de 70 ans, il ouvrit sa propre salle d'entraînement Le dojo fut nommé Shotokan d'après le nom de plume utilisé par Funakoshi pour signer ses poèmes dans sa jeunesse. Le karaté Shotokan est caractérisé par de puissantes techniques linéaires et de poses fortes.
Wado-Ryu "voie de l'harmonie" fut développé entre 1922 et 1929, et fut enregistrée en 1939, en tant que système du karaté développé à partir du ju-jitsu et du karaté, par Hironori Ohtsuka (1892-1982). Ohtsuka Sensei est reconnu comme étant le premier maître des arts martiaux à être décoré par l'Empereur du Japon avec un titre spécial et une médaille soulignant sa contribution au karaté-do. Il fut aussi l'assistant de Gichin Funakoshi. Ce style de karaté combine les mouvements de base du ju-jitsu avec des techniques d'évasion et en mettant l'emphase sur la douceur et la voie de l'harmonie comme discipline spirituelle.
Chito-Ryu fut développé par le maître du karaté d'Okinawa, Dr. Tsuyoshi Chitose (1898-1984). Après la guerre, il déménagea de Tokyo à Kumamoto et en mars 1946, il ouvrit le Yosei-kan de karaté-judo dans la ville de Kikuchi dans la préfecture de Kumamoto. Aujourd'hui la maison-mère du Chito Kai se situe dans la ville de Kumamoto. En 1952, Dr. Tsuyoshi Chitose nomma son groupe le "All Japan Chito Kai" et son style Chito Ryu Karate-do. Il basa ses techniques sur l'étude exhaustive du Shorei-ryu de Okinawa (Naha-te de Aragaki Ou) et le Shorin-ryu (Shuri-te de Kiyan Chotoku) ainsi que ses grandes connaissances de la médecine et de la philosophie pour ainsi former le Chito Ryu. Les caractères formant le nom Chito-ryu se traduisent par Chi=1000 (années d'âge), To=dynastie Tang en Chine, Ryu=Style. Ceci en vue de commémorer la tradition Okinawane que le karaté tire ses racines vieilles de plus de mille ans en Chine.
Ces cinq styles sont aussi devenus les styles principaux de karaté au Canada, avec le Chito-Ryu comme style fondateur de l'AKN.
Masami Tsuruoka a introduit le karaté traditionnel au Canada. Souvent appelé le père du karaté Canadien, M. Tsuruoka, qui est né au Canada, a étudié pendant les années 40 au Japon, où il a été l'un des élèves du docteur Chitose, l'un des plus grands maîtres du pays. Après son retour au Canada, en 1954, M. Tsuruoka à organisé les premières compétitions de karaté au pays et a jeté les bases de ce qui allait devenir l'Association nationale de karaté.
En 1964, lui et quatre autres professeurs fondèrent l'Association nationale de karaté (ANK) qui avait des bureaux à Toronto, Winnipeg, Calgary, Montréal et Québec. Modeste à ses débuts, l'association est maintenant devenue un organisme de grande envergure, grâce surtout au dévouement de ses membres fondateurs.
Le karaté est aujourd'hui un sport très bien structuré au Canada. L'Association nationale de karaté représente les divers styles de karaté traditionnel. L'Association regroupe les dix provinces canadiennes ainsi que les deux territoires du Canada. Le gouvernement fédéral reconnaît l'ANK comme étant l'organisme national chargé de régir le karaté au Canada, et lui fournit à ce titre une aide financière par l'entremise de Sport Canada. L'ANK a été établie pour promouvoir et favoriser le développement du karaté traditionnel partout au Canada, de sorte que les compétiteurs Canadiens sont aujourd'hui reconnus à travers le monde. Chaque province ou territoire possède sa propre association, qui représente ses intérêts au niveau national, et qui s'occupe des normes et du développement du karaté chez elle ou chez lui.
